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Tant qu'il est encore temps
Tant que je serais un enfant qui passe, Tant que je verrais la honte et
l’infamie, Tant que je vivrais la fureur sur ma
face D’une foule surexcitée qui sombre dans
la folie ; Tant que ces hordes de haine qui fusent
comme des flèches, Poussées par des penseurs malades de
leurs pensées, L’enfant dans la douleur d’un monde qui
se dessèche, Veut garder son parfum, son arôme, sa
beauté. Oui ce monde dérape, il s’emballe, il
s’affole, Il cherche le sacrifice pour se
sacraliser, En croyant voir dans l’autre la mort qui
le console, En immolant l’enfant, la proie « victimisée ». Tant que ces puissants, ces faiseurs
d’images, Qui exhortent dans l’ignoble les fous à
la folie, Perdus dans leurs fantasmes, leur haine
et leur mirage Veulent égorger l’enfant en bannissant
sa vie. Adieu piètres penseurs, vils moqueurs,
tristes mages, Vous vivez dans l’opprobre au cœur même
de Paris, Vous lâchez vos tueurs en exhalant leur
rage, Pour dévorer l’agneau comme des loups en
furie. Tant que je serais cet enfant qui passe, Je serais protégé dans mon arche fleuri, Je vivrais dans l’extase, j’honorerais
ma race, Ils ont choisi la mort et j’ai choisi la
vie.
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