
Les tribulations d'un Arianais en Chine....Suite
CARNET
DE VOYAGE
CHINE—TIBET 2006
Par Georges Naccach (Jojo)
Jeudi 19 octobre
Après un shopping en ville,nous nous acheminons vers ZONGDIAN (SHANGRI-LA) située à plus de 200 Km au nord de Lijiang.
Après une heure de route, nous sommes déjà au Tibet car l’habitat et le paysage se transforment, et nous apercevons les premiers yacks.
Les fermes sont beaucoup moins dans le style chinois et ressemblent plutôt à de grands chalets.
Vers 18 h, nous arrivons à Zhongdian où le froid se fait sentir puisque la petite ville (300 000habitants tout de même) est perchée à 3 200m.L’endroit est agréable et bien plus calme que Lijiang avec ses nombreux bâtiments d’architecture tibétaine. La population tient du type mongol avec des pommettes hautes et saillantes. C’est un peu le Far West, mais plus tout à fait la Chine. Peu de touristes occidentaux à part notre groupe et un groupe d’israéliens (dont une femme native de Nabeul, comme quoi il y a des tunes partout)
Après le dîner, nous allons faire un tour en ville, chaudement habillés. La promenade est agrémentée d’un arrêt sur la place principale où nous nous mêlons à la population locale pour danser en rond sur des airs folkloriques.Tous virevoltent allègrement au son de haut-parleurs. Les gens semblent plus calmes et agréables que dans les autres régions.
Evidemment le shopping n’est pas en reste car les magasins sont très attrayants et les prix plus que raisonnables.
Vendredi 20 octobre
Lever vers 6h30 car le programme est assez chargé. Petit déjeuner frugal avec du thé au lait de yack (pas très convaincant). Nous démarrons par la visite du Monastère Gandon Sumseling Gompa à 5 Km de la ville. C’est un monastère typiquement tibétain, autrefois l’une des grandes lamasseries de la secte des Bonnets Jaunes. 500 à 600 bonzes y vivent actuellement.
L’arrivée est saisissante, car l’on aperçoit le monastère en étages, avec son village serré autour. Nous visitons d’abord la maison d’un moine, puis gravissons les degrés pour arriver à la salle des prières, avec son grand bouddha doré et ventru. Nous montons sur les terrasses supérieures, au travers de différentes salles, en croisant des bonzes.Sur la dernière terrasse, un bonze actionne un gong énorme, tout en marmonnant ses prières à haute voix. Nous redescendons avec une visite au passage de la cuisine d’un bonze, à vrai dire, d’une saleté repoussante. Quel dénuement, quelle pauvreté.
Nous quittons le monastère et marchons vers le village. Les beaux portails sculptés se succèdent, et les petits enfants sont nombreux. Nous visitons en détail une belle maison de paysan, toute en bois sculpté. Un certain confort, bien que rudimentaire pour nous, transparaît.
L’écran plat trône sur un bahut, et le coin toilette fait état d’un certain confort.
L’ensemble très coloré donne une impression très chaleureuse. Nous flânons encore dans ce beau village, avant de retourner vers Zhong Dian. Arrêt pour un dernier coup d’œil au panorama du monastère qui embrasse tout le paysage.
Toutes les paysannes rencontrées portent le tablier traditionnel multicolore et la coiffe noire. Beaucoup de bijoux simples mais attrayants et surtout une gentillesse et une douceur sans pareille.
Avant de rentrer, nous visitons un autre petit temple où l’on assiste à la prière des bonzes égrenant leur moulin et chantant d’une voix grave et monocorde. Assez impressionnant…
Retour à ZHONGDIAN pour déjeuner dans un restaurant tibétain typique : morceaux de yak frits, et le tsam-pa, semoule d’orge un peu sucrée, assez bon.
Nous repartons après le déjeuner vers le lac Bitahai, le lac de la pagode d’émeraude. C’est une promenade agréable, dans un cadre de moyenne montagne. L’eau, couleur d’émeraude, est absolument limpide.
Retour au parking, et nous nous arrêtons devant les marchandes de galettes frites. Elles sont superbes dans leurs vêtements traditionnels, très colorés, et nous font découvrir le fromage de yak, excellent..
A l’hôtel, nous retrouvons le groupe d’israéliens déjà attablé et, à mon grand plaisir, nous faisons un kiddouch discret puisque c’est shabbat. Il ne faut pas perdre les bonnes habitudes où que l’on soit….
Samedi 21 octobre
Lever très matinal pour le retour par avion sur KUNMING. Aussitôt arrivés, nous sommes transférés par car à la Forêt de pierre.
La Forêt de Pierre nous rappelle vaguement Fontainebleau, mais avec des rochers de 35 m de haut, si bien que l’on voit une forêt de tours minérales nées de l’infiltration des eaux qui ont érodé le calcaire tendre. Ce paysage est extraordinaire, malgré la foule compacte de touristes chinois déambulant entre les immenses concrétions.
Au retour, nous rencontrons les premiers gros embouteillages d’une ville de plus de 4 millions d’habitants assez dépourvue d’infrastructures routières et possédant encore un faible parc de voitures. On peut se demander ce que sera la situation dans quelques années quand le parc automobile aura doublé…
Conduire en ville tient du tour de force dans la pagaille de motos, vélos et passants indisciplinés traversant les rues, en masse compacte, pour se faire respecter. C’est une jungle où le plus fort et le plus audacieux passe devant les autres. Code de la route ? Connais pas….
Avant le dîner, nous faisons une halte dans un grand magasin de produits dits « anciens ». Sur les deux étages encombrés d’objets, tout se vend, depuis les laques jusqu’aux broderies et soieries, en passant par les théières, statues et masques dits « anciens ». C’est la caverne d’Ali Baba….
Dîner dans un hôtel chic de la ville, avec un hall d’entrée haut comme une cathédrale et large comme un supermarché. Le luxe y est tapageur, et on ne manque pas d’être frappé par l’écart démesuré qui existe entre ce lieu et les petites échoppes des alentours où on vend des babioles, où on répare tant bien que mal des vieux tacots et où on mange dans la boutique au milieu des immondices.
Il y a deux Chine qui se côtoient et semblent s’ignorer. Jusqu’à quand cela durera-t-il ?
Cette ville est vraiment le paradis du shopping et du marchandage puisque le prix est fait à la tête du client. La négociation, force calculette et gestes, peut durer jusqu’à près de 10 minutes car il faut diviser le prix proposé par 2,5, et malgré cela, on a l’impression d’être grugés en fin de compte.
Une chose est certaine : les chinois sont patients et semblent avoir l’éternité devant eux…