
Le Saf-Saf de l'Ariana
Le Saf-Saf de l’Ariana : Le Cinéma
Par Charly Sarfati
Qui ne se souvient pas du Saf-Saf de l’Ariana et de son cinéma ? Initialement,
le Saf-Saf était un café en plein air, qui concurrençait le fameux Saf-Saf de La
Marsa. Il avait sa noria, son chameau muni d’œillères, qui tournait sans cesse
pour puiser une eau, dit-on, bénéfique pour la santé. C’est la seul comparaison
avec celui de La Marsa, qui était plus célèbre.
Le Saf-Saf de l’Ariana lui, avait, dans les années 50, un cinéma. On y
programmait des séances en plein air l’été, et des séances en salles, l’hiver.
Il s’organisait de temps à autre des soirées de spectacle, dites « Haflâa ».
A cette époque le propriétaire était Deidâa Haddad (oncle de notre amie Mimi
Sitbon, née Haddad).
Revenons à notre cinéma ! En été, et surtout les vendredis et samedis soir, la
partie la plus grande de la terrasse du café était transformé en salle. On y
posait des chaises métalliques en rangés. L’écran lui, était permanant, c’était
un grand mur blanc, encadré de noir, comme les écrans de salles. Les hauts-
parleurs étaient posés à même le sol. C’était le « Drive-in » à l’Arianaise.
Après le couscous du vendredi soir, les gens arrivaient en petits groupes, pour
voir soit un film Egyptien, de Farid el Atrache ou Abdelwab, soit le dernier
film biblique d’Hollywood.
Je me souviens entre autres, du Film : Samson et Dalila, en version Française
avec Victor Mature.
Au fur et à mesure que la salle se remplissait, un brouhaha, envahissait
l’endroit. Les rangés de chaises n’étaient plus qu’un souvenir. Dés que le film
commençait, on entendait des Ah.Ah.Ah…et les gens, applaudissaient.
D’après le film que l’on projetait, on entendait des rires, des commentaires et
même des conseils que l’on donnait aux acteurs, quand ceux-ci se trouvaient en
mauvaises postures, et tout cela à haute voie. Parfois c’était les chansons que
l’on reprenait, quand c’était Farid L’Atrache, qui susurrait une chanson
interminable. Les personnes qui ne pouvaient pas entrées voir le film, restaient
à l’extérieur, et pouvaient entendre les chansons. Voila pour les séances en
plein air.
En hiver c’était beaucoup plus « Clochemerlesque ». L’arrière salle du café
était transformée en salle de projection. Il y avait toujours ces chaises
métalliques alignées en rangs, mais en nombre inférieur. Les films que l’on
projetait étaient des films, de Tarzan, Charlie Chaplin, Laurel & Hardy, l’Homme
invisible et surtout des Westerns (On disait à l’époque des films de
Cow-boys).Il n’y avait que deux séances, le samedi et dimanche après midi.
Les jeunes de10-14 ans fréquentaient le plus souvent ces séances .Ils
réagissaient toujours aux scènes du film, avec beaucoup d’émotions.
Comme leurs aînés, ils faisaient des commentaires, pendant la projection, et
voulaient même changer le scénario du film. Le plus drôle de tout ça, c’est les
interruptions de séance, soit parce que la pellicule se déchirait, soit qu’une
mère qui venait dire à sont fils où elle sera après la fin du film.
La meilleur des situations c’était lorsque on apportait à un jeune spectateur,
un goûter que lui a préparé sa mère : c’était une « Carmouda », avec du thon
etc.…. ou une tranche de pain avec une barre de chocolat « Allal ».
Ce n’est pas un peu « Cinéma Paradisio » ? L’excellent film Italien avec
Philippe Noiret
Ce souvenir a jailli de ma mémoire, cette semaine. Je rendais visite à Freddy
Gallula, quand je fis la connaissance d’une personne. Il se trouvait que cette
personne, à cette époque, distribuait des films au cinéma du Saf-Saf .C’est
comme cela que l’idée m’est venue d’écrire ce récit.
Voila encore un souvenir de ma jeunesse à l’Ariana.
Charly Sarfati
Accueil