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La magie des Nombres
PAR
ROBERT HASSID
Comment peut-on expliquer qu'un nombre comme 142857 puisse être
particulier ? Et pourtant, amusez-vous à le multiplier par
n'importe quel chiffre, le résultat fera apparaître que les chiffres qui
représentent le
nombre en question, se renouvellent dans une ronde infernale.
Ainsi les
chiffres qui représentent le total, ont toujours le même chiffre voisin
(sauf lorsque le multiplicateur est le 7 ou un multiple de 7) le total
des chiffres est alors une suite de 9 et
l'addition des chiffres différents est
égal à 9.
Essayez, c'est très amusant :
Exemple
: Lorsque le multiplicateur est le 5, le résultat du 142857*5
donne 714285. Vous remarquerez que les chiffres sont les mêmes, mais
qu'ils
ont simplement viré sur eux mêmes. Le 7 est passé devant le 1 et tous
les autres chiffres suivent dans le même ordre, puis le 4, puis le 2,
etc... C'est
ainsi que la curiosité s'aiguise et que l'intérêt à faire partager ce
mystère
devient pressant. Denis
Guedj mathématicien m'avait fait découvrir l'intérêt sur le secret
de la
création des nombres.
Voici
quelques extraits des études qu'il a réalisées :
Depuis
la préhistoire, l'empire des nombres n'a cessé de s'étendre, jusqu'à
ce qu'il prenne le pouvoir aujourd'hui. Qu'est-ce qu'un nombre ?
Il s'agit d'une notion première, on peut en donner une
définition. Essayons : Apportez-moi « trois » sur un plateau. Ce nombre
n'existe pas en
dehors de notre pensée. On peut toutefois tenter d'en approcher le sens.
Comment on fait « nombre » ? On met différents objets sur un socle et on
dit : combien il y en a ? De verres sont présents sur une étagère, de
vaches sont dans un pré.
Quand l'homme a-t-il inventé le nombre ? Une des questions
premières qu'il a dû se poser, c'est celle du « autant », qui a précédé
celle du « combien ». C'est le principe des entailles retrouvées sur les
os préhistoriques. Un bison, une entaille, un bison, une entaille,
combien de bisons en tout, je ne sais pas, ce
que je sais c'est qu'il y a autant de bisons que d'entailles !! Celle du
autant est aussi celle du égal. Les enfants
savent cela très tôt. Ils
s'amusent à mettre des boules dans des trous et ils
se rendent immédiatement compte s'il y a autant de trous que de
boules, plus ou
moins de boules que de trous !! sans savoir réellement combien il
y en a.
Alors
quand le « combien » est-il arrivé ?
Combien
d'étoiles dans le ciel ? Combien de jours entre deux saisons ?
Les événements importants sont ceux qui reviennent périodiquement. 11
faut
cesser de réduire le "combien " à « combien ça coûte ». On
dit souvent que ce sont les commerçants qui ont inventé les nombres, en
réalité ils ont inventé le commerce tout simplement. Il ne faut
pas confondre le
nombre parlé et le nombre écrit qui lui, est apparu dans des
sociétés de commerçants. Comment
est née l'écriture des nombres ?
Ainsi,
il y a 6000 ans environ, les sumériens utilisaient des jetons d'argile
de plusieurs formes, soit en bâtonnets, disques ou sphères, troués ou
non qui représentaient l'une des monnaies parmi les plus
anciennes
retrouvées à ce jour. Pour accomplir certaines transactions, on
utilisait des disques d'argile sur lesquels étaient insérés des pierres
précieuses et qui servaient de monnaie d'échange pour les transactions
ordinaires. Un
disque avec 2 ou 3 pierres précieuses valaient 10 chèvres. Déjà
en Mésopotamie,
l'argile pétri représentait la première monnaie reconnue par les
premiers commerçants.
Comment
ces nombres sont-ils représentés ?
L'homme
s'est rendu compte que des nombres il y en a beaucoup, peut-être autant
qu'on veut, peut-être plus qu'on peut en vouloir. Qui d'entre
nous
enfant, n'a pas connu l'ivresse de compter 1,2,3,...104,105,106,...
1000,1001,...jusqu'à perdre haleine, une sorte de jouissance.
Les chercheurs se sont
demandés comment distinguer tous ces nombres,
comment les représenter,
leur attribuer un nom différent ? Ainsi sont nées les numérations.
Les
chiffres constituent l'alphabet de la langue des nombres, les unités
avec lesquels on les écrit. Il faut remarquer que les quantités, les
nombres,
préexistaient aux chiffres.
C'est
parce que les nombres étaient là qu'il a fallu inventer les chiffres
pour les représenter. D'ailleurs, il est commun d'utiliser le mot
chiffre
pour le mot
nombre. Ex : Le chiffre d'affaires, chiffre du chômage....
La numérotation romaine
I,V,L,C,D.M etc... Comment écrire un milliard de milliards en chiffres
romains, c'est pratiquement impossible.
Il a
fallu inventer de nouveaux chiffres. La sagesse des hommes consistait
à créer un système qui puisse écrire le plus grand nombre avec le
moins de chiffres possibles. C'est la numération indienne, celle
dont nous avons hérité, auquel s'est ajouté le 0 inventé par les
babyloniens. Car,
chez les indiens, le vide se dit « sounia ». traduit en arabe cela donne
« siffr » qui a donné « zéfiro » en italien, qui a donné « zéro » qui
est arrivé
en dernier après les neufs chiffres utilisés par les indiens, pour
donner le nom à l'ensemble de « chiffre ».
Pourquoi le système décimal s'est-il imposé ? La main et les 10
doigts lui
confèrent une légitimité et une facilité comptable indiscutables.
Et la base 12, n'a-t 'elle pas ses avantages ?
Elle l'a parfois emporté sur
le 10. Elle est en calcul
plus intéressante. Elle admet 6 diviseurs (1,2,3,4,6,12) alors que 10
n'en admet que 4 (1,2,5,10). Sa divisibilité est
mise à profit dans de nombreux usages. Douzaine d'œufs,
d'huitres. des
demis, des tiers, des quarts, des sixièmes.
Y
a-t-il des nombres plus remarquables que d'autres ? Tous les nombres
sont « égaux », car chaque nombre est unique et différent des autres. Il
y a deux catégories de nombres, les pairs et les impairs. Un peu partout
dans le monde ont été créées des mystiques numériques, ayant à leur
disposition la richesse inépuisable des nombres, les peuples
ont cherché à les employer pour donner un sens aux choses et aux
événements. Pour moi, le merveilleux est dans les nombres eux-mêmes. Le
fait
qu'en hébreu les lettres de l'alphabet sont utilisées pour
nommer les nombres. L'intérêt réside dans l'ordre immuable de l'ordre
des lettres : aleph, beth, guimel, ...Le seul problème arrive lorsqu'on
est au bout de
l'alphabet et que l'on doit monter en puissance, mais jusqu'où ? Dans
tel nombre je reconnais le nom de D...
Certains
nombres sont singuliers. Ex : les nombres premiers. Ils sont
indépendants, car ils n'admettent que leur division par 1 ou par eux-mêmes.
Oui, il
y a la dictature des nombres. Numéro de sécurité sociale, de carte
d'identité, de portable, de code pour carte bancaire...
Pour tenter de déchiffrer le
sens caché du monde, les hommes ont conféré
aux nombres un pouvoir de révélation. Une ressource infinie pour les
savants, les mystiques et les amateurs
d'occultismes. Le
13 peut être un nombre porte bonheur comme celui qui fait mauvais
présage. Le 7, symbole de la chance. Le 666
n'est il pas pour certains le
signe du diable ? Echappés
de l'univers des mathématiques, les nombres
jouent souvent avec les
croyances et la magie. Au I5cmc
siècle le kabbaliste
Pic de
Véritable méthode scientifique, outil de réflexion complexe et
sophistiquée, ce courant très important du judaïsme considère que le
monde réel a été conçu suivant un plan cohérent et rationnel qu'un
travail d'enquête peut permettre de reconstituer. C'est la tâche des
kabbalistes qui disent :
plus on en
saura sur la création, plus on aidera le monde et D... Ils ont travaillé
sur l'équivalence entre chiffres et lettres. Pour eux, tout le monde
peut être décrypté sans que l'on ait besoin des
philosophes. Le plus ancien
texte : le Sepher Yetsirah ou livre de la création, indique que le monde
se compose de 10 principes ou « sephirot », qui correspondent aux dix
nombres du système décimal de 1 à 10. Les 10 « sephirot » et les 22
chemins qui les relient entre elles, associés
aux lettres de l'alphabet hébreu, soit les 32 voies de la sagesse. Le
KETER est la « sephira » reliée à I, c'est-à-dire au commencement et à
la source. « Hochma », 2, est liée à la sagesse, à l'énergie créatrice,
et le « malkhouth »
, le 10, au royaume, au monde réel, à la matière. Une
des méthodes des kabbalistes est l'étude numérologique des
textes, Si mon propos vous intéresse, il y aura une suite à cette histoire .
ROBERT HASSID |