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Petite histoire de l'Ariana

Selon la légende, notre ville porterait le nom de la fille d'un général romain, à qui il aurait construit un palais dans les environs. L'ARIANA était déjà connue depuis l'antiquité pour la fertilité de son sol et sa richesse agricole.

A partir du moment où TUNIS fut promue capitale vers le milieu du 13e siècle, l'ARIANA devint un lieu de plaisance pour les dignitaires de la dynastie Hafside, sans pour autant perdre son caractère agricole.

A la population de souche arianaise vinrent s'ajouter dès le 16e siècle des familles musulmanes andalouses chassées d'Espagne. Les Andalous introduisirent l'artisanat de la chéchia et améliorèrent les techniques agricoles.

Le 17e siècle vit l'arrivée des premières familles juives d'Algérie qui s'installèrent et construisirent la première synagogue ; cette communauté allait s'étoffer jusqu'à la deuxième guerre mondiale et compter jusqu'à 5 000 personnes avant l'Indépendance de la Tunisie, à parité avec la population musulmane.

Avec le temps, tout au long du 19e siècle, l'ARIANA est confirmée dans sa réputation de lieu de villégiature estivale grâce à son air pur et des fameuses rosés (Ouard Eriéné).Les dignitaires du régime beylical firent construire des palais et des belles demeures. Les moins nantis louaient des chambres dans les oukalas du village.

La création de la commune date officiellement de 1908. Peu à peu, l'urbanisation, accélérée notamment par l'afflux de familles juives, s'est développée tout au long de la route menant à TUNIS, donnant ainsi naissance à la Nouvelle Ariana.

De nos jours, le périmètre communal s'est agrandi considérablement et inclut la SOUKRA, RAOUAD, SIDI AMOR, et EL MANZAH, soit une population globale de l'ordre de 160 000 habitants.

Faisons un petit tour de la ville pour y découvrir ses monuments et ses lieux de plaisance.

Au centre se trouvait le vieux quartier arabe, rebaptisé La Médina dans les années 60.

La ville arabe, délimitée par Sidi Ammar, le marché, Hadj Taboub et l'école franco-arabe, était alors le centre commercial et religieux du village et comptait plusieurs mosquées.

A partir des années 30, la ville arabe a vu décroître son activité au profit d'un quartier plus récent axé autour de l'ancien Boulevard de France, jusqu'au Café Chadli.

Aujourd'hui, la Médina a perdu toute consistance et ne constitue qu'un tout petit secteur de la vaste agglomération. Passons maintenant en revue les monuments et lieux de culte.

Pour la population musulmane, trois mausolées étaient plus particulièrement vénérés. Le plus connu est le mausolée de Sidi Ammar, le patron de la ville, mort de maladie en combattant les Croisés débarqués à Carthage en 1270. Ce monument situé au « tournant du tram » a subi plusieurs transformations et a été agrandi au 17e siècle par une large cour et des pièces d'habitation entourant le tombeau du saint.

Le mausolée de Sidi Amor, encore très fréquenté, est situé en haut d'une colline sur la route de Raouad. Le tombeau de Sidi Jebali domine aujourd'hui le cimetière de l'Ariana qui porte son nom, à l'ouest de la Médina. La population juive fréquentait quant à elle une dizaine de synagogues dont les plus connues sont le Kouttab Kissraoui, la Slat Zeitoun (Rue de la Boissière), la Slat Soria (synagogue de Rebbi Breitou) près des « Mutilés », la synagogue du marché (Synagogue de Rebbi Fraji) et celle de Caïd Abraham, derrière le Saf Saf.

Les palais et demeures bourgeoises de l'ARIANA sont en assez mauvais état ; nous retiendrons les plus connus, à savoir :

         Le Palais Mestiri, une énorme bâtisse de brique rouge, assez laide et massive, située près de la Papeterie Lahmi. Il
a été détruit en 2004.

         Le Palais Zaouche, non loin du puits Belhassen, qui, au cours des ans a beaucoup perdu de sa beauté et sera vrai­
semblablement détruit dans le courant de l'année prochaine.

         Le Palais Ben Ayed, plus connu sous le nom de « Les Mutilés », qui a abrité l'école des filles jusque dans les années 60, et abrite encore la Municipalité de l'Ariana.

Le Palais Baccouche qui héberge actuellement le Centre National de danse.

Il est impossible de terminer cet article sans citer deux « institutions » qui ont fait les beaux jours de l'ARIANA, et

 

Le puits Belhassen est aujourd'hui entouré d'un énorme parc qui abrite 16 000 rosiers, appartenant à la variété dite bercé notre jeunesse, à savoir le Café Chadli, lieu de rendez-vous estival des arianais et des tunisois,

 mais également le   Bir Belhassen, dont l'eau fraîche n'a rien à envier à l'eau d'Evian

 Ainsi, tout se termine avec des fleurs, pour notre grand plaisir.« Rose de l'Ariana »

 

 

JOJO NACACH