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L'Ancien Cimetière Israélite de Tunis: (dit du "Passage" ou de l'Avenue de Londres) L'ancien Cimetière Israélite de Tunis a été , dans le passé , le centre d'une certaine agitation « politique », à la fois sous le Protectorat français et, par la suite, sous la République tunisienne . Savez - vous que déjà en 1887 , quelques années seulement après l'instauration du Protectorat, une véritable émeute s'était produite dans ce Cimetière : la foule juive , estimée à 5000 personnes (!!), s'était rassemblée sur place; elle entendait protester contre la décision prise par la Municipalité de Tunis , de concéder le Service des Pompes Funèbres Israélites à une entreprise privée française . Les Juifs de Tunis entendaient bien faire comprendre aux autorités qu'ils tenaient à leurs traditions , à leurs coutumes ancestrales et à leur « Hebra Kadicha » ... La Résidence Générale fut alertée , le Grand Rabbin de France , Zadoc Kahn lui - même , intervint dans cette affaire ... Finalement, un compromis fut trouvé entre la Municipalité et la Communauté juive . Par la suite , un autre problème se posa concernant ce Cimetière , par rapport à son emplacement dans l'espace urbain : la ville européenne était en pleine expansion et le Cimetière Israélite apparaissait , de plus en plus comme un « hiatus » , c'est -à-dire , que son territoire s'interposait au centre ville et gênait la progression immobilière ... Les autorités firent pression sur la Communauté pour qu'elle fasse libérer cet immense nécropole . Mais , que faire des 60 000 tombes , certaines de Rabbins célèbres et vénérés , qui s'y trouvaient ? En 1958, deux années après la proclamation de l'indépendance tunisienne , le Maire de Tunis , Ali Belhaouane , essaya de convaincre la Communauté de la nécessité de transformer le Cimetière en un vaste parc public ; il était disposé à permettre l'exhumation des corps et leur transfert en « Terre Sainte » . Mais , Belahouane devait décéder, peu de temps après , victime d'une crise cardiaque. Son successeur , Ahmed Zarrouk , fut impitoyable : il exigea de la Communauté qu'elle libère la nécropole , dans les 8 jours ! ! ! Il fit mine d'autoriser l'exhumation des corps mais, en fait, ce n'était qu'un simulacre et les travaux de transformation en un immense parc public , furent entrepris ... Des milliers de corps demeurèrent enfouis dans les entrailles de l'ancien Cimetière Charles Haddad cite dans son ouvrage qui relate ces événements, la phrase suivante qui pourrait servir de conclusion : « Nous voulons être poussière avec la poussière et nous serons contents de vivre seulement dans vos mémoires , ô fils d'Israël ! » Amen ! ARMAND MAAREK
Armand Maarek |