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Alignée avec les autres demeures, comme si elle y était,

Indéfectiblement liée d’amitié,

 La Maison de l’Ariana, comme ses habitants, se laisse envelopper

Par l’atmosphère languissante à la fois chaude et pleine de douceur.

Au bout du rang, la maison se cale contre le martèlement de la forge

D’où jaillissent des gerbes d’étincelles.

Elle coule nonchalamment ses jours au gré du temps qui passe.

Jours heureux

Oh, elle ne paie pas de mine la maison,

Elle ne se prend pas pour une riche villa,

Non, mais elle sait qu’elle a une âme, la maison,

Comme  celle de ses habitants

Mais sont-ce eux qui l’occupent ou bien elle qui les accueille ?

Qu’importe, ils s’unissent dans les

Jours heureux

C’est le patio qui nous reçoit, directement ; elle ne cache rien, la Maison

On y entre avec le sourire, car le bonheur est là.

De l’air torride de la rue, on passe alors dans l’ombre douce et apaisante

De celle qui nous invite

Une gargoulette pleine d’eau est posée là ; elle semble, à elle seule

Distiller la fraicheur que l’on vient chercher dans ce lieu des

Jours heureux.

C’est encore le patio qui distribue les pièces de la maison

Tout à droite, pour se préserver de la rue brûlante

Une chambre a fermé ses volets, et l’on peut voir

Au plafond les reflets de la trajectoire des rares voitures

Qui osent encore braver la canicule. C’est l’heure de la sieste des

Jours heureux

Le patio nous montre maintenant la chambre d’en face.

La fenêtre grillagée qui l’éclaire crée une atmosphère claire-obscure

Qui illumine les tissus bariolés de typique dessin, chameaux et dromadaires

Jours heureux

 La cuisine est la suivante, tout en longueur, elle se cache presque dans un coin

Les canouns font mijoter les ragoûts nonchalamment à petit feu

Cendres à peine rougeoyantes.

Les effluves des mets longuement cuisinés viennent parfumer

Toute la maison qui semble vivre au  rythme des braises lascives.

Jours heureux

A gauche, le patio nous attire vers une troisième chambre

Où l’on aperçoit des postes de radio posés sur des

Meubles au hasard, et dont les entrailles n’attendent qu’une

Main bienveillante leur apporte

De nouveau leurs capacités à répandre la musique et les chants des

Jours heureux

 A l’extrémité de la cuisine, une irruption de soleil

Nous attire vers le jardin qui s’unit à la rue pour ceindre la maison

De leur pure lumière.

Le jardin essaie de verser sa fournaise dans la maison

Mais il ne laisse entrer que les parfums des floraisons vives des

Jours heureux