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Près
de 20000 km séparent la plage de Gammarth de celle d’Anchorage.
Mais, direz-vous, que diable
va-t-il faire dans ces terres froides du Nord, ce Tune habitué au
soleil et au sable chaud ?
En fait, plus qu’un besoin d’exotisme,
c’est un besoin de nature vierge qui me pousse vers cette contrée,
(5 fois plus grande que la France),
si peu fréquentée et si mal
connue.
Il reste peu d’endroits au monde où l’on peut voir encore de
telles étendues quasiment vierges, où l’on peut trouver des rivières
près de 10 fois plus larges que la Seine se jeter dans l’océan
Pacifique et former un estuaire aussi grand que la région
parisienne.
On peut également admirer, de loin, le plus haut sommet
d’Amérique du Nord avec ses 6200 mètres et ses centaines de
glaciers. (Mont Mac Kinley)
Voir de près un ours brun pêcher des saumons remontant la
rivière et nourrir ses oursons est un spectacle inoubliable au
milieu d’immenses forêts de sapins.
Il s’élève des fjords et montagnes d’Alaska une espèce de
majesté et de magie qui vous effraye tellement que vous vous sentez
petit et perdu dans cette immensité sauvage.
Certes, le soleil n’est pas toujours au rendez-vous comme à
Hammamet ou à Netanya, mais les nuages et la pluie donnent au
paysage un caractère encore plus envoûtant et effrayant.
Sur ces étendues parfois inhospitalières, sauf en été, vit une
grande quantité d’animaux : apercevoir une famille de grizzlis, un
couple de loups ou un caribou est un réel plaisir.
Ici, c’est un peu le hasard qui fait les rencontres et on ne
court pas après les bêtes sauvages comme dans les safaris africains,
on les croise tout simplement au gré des randonnées en montagne.
La pêche au saumon dans les torrents
glacés ou la pêche au flétan (énorme morue pesant jusqu’à 50 kilos
et mesurant près de 1.30 m) en mer,
sont des sports nationaux chez
les alaskiens.
Aussi, j’ai éprouvé autant de plaisir à taquiner le saumon, les
bottes dans l’eau glacée, qu’à pêcher le mulet sur le Block de la
Goulette.
Quant à la cuisine, heureusement que nous avions emporté l’huile
d’olive et les câpres pour agrémenter nos repas et éviter autant que
possible cette alimentation industrielle qui rend tant d’américains
obèses.
En contre partie, il faut dire que le saumon fumé ou
mariné était un véritable délice. Ceci compense cela…
Il y a des moments d’enthousiasme quand, depuis un
sentier de montagne, non loin d’un glacier, vous apercevez l’océan
et parfois des baleines venant prendre le frais dans ces mers du
Nord.
Au cours de ce périple, nous avons pu, Hélène et moi,
converser longuement avec la population locale car les touristes ne
sont pas aussi nombreux qu’à Sidi Bou…Nous avons eu l’opportunité de
connaître ses habitudes, son mode de vie et manger comme elle,
c'est-à-dire très mal.
Avant de terminer ce petit récit d’impressions, je ne
peux passer sous silence une courte mais merveilleuse croisière dans
la baie de Valdez.
Sur notre beau bateau, nous avons
découvert ces glaciers grandioses
se jetant dans
la mer, les pans de glace se détachant de hautes parois et
s’écrasant
avec fracas dans l’eau salée.
Nous avons presque touché ces dizaines d’icebergs sur
lesquels se prélassaient les phoques et lions de mer par une
température de 5 ou 6 degrés.
Nous avons aussi côtoyé ces adorables loutres de mer qui
passent leur vie à faire la planche et à plonger pour se nourrir.
Elles nous regardaient d’un air narquois, à travers leurs petites
moustaches.
C’était un paysage digne du « Titanic » avec les
montagnes, et les icebergs flottants dans
la brume.
Avec le recul, nos plus belles impressions restent cette
atmosphère de liberté sans fin, ces grands espaces et l’accueil
chaleureux des Alaskiens.. L’Alaska reste encore fortement marquée par l’esprit pionnier des chercheurs d’or, et mérite bien son nom « the last frontier », la dernière frontière, lieu où tous les rêves sont encore permis.
Les ours bruns de l'Alaska & la forêt en hiver
Par Georges Nacach
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