3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  http://www.amicale-ariana.org


Benny Lévy

En novembre 2003, disparaissait à Jérusalem, Benny Lévy!

  Les philosophes tels que Alain Finkielkraut, BHL ont rendu un vibrant hommage à celui qui fut au cours des années 1970 le chef de la gauche prolétarienne, mais qui a progressivement troqué le petit livre rouge pour la Thora .

Créé à l’automne 1968 aux fins de perpétuer le « miracle » de mai , le groupe GP (Gauche Prolétarienne) se saborde dès 1973.

A l’origine de cette décision, il y a un évènement crucial: les attentats perpétrés aux jeux olympiques de Munich contre les athlètes israéliens, le 5 septembre 1972. C’est le moment clé.

Au lendemain de l’attaque, Jean-Paul Sartre, ange gardien  de la GP justifie l’opération, les dirigeants, eux, la condamnent. Pourtant ils avaient fortement contribué à populariser la gauche palestinienne en affirmant  « nous sommes tous des fédayins !, Geismar, Arafat :  même combat!! ». Au lendemain de Munich, tout bascule!

Les militants réalisent que leur combat a débouché sur l’assassinat des athlètes. Alors le collectif s’éparpille; il y a des comportements d’échec, des suicides et une façon de s’en sortir est de revenir à la vie spirituelle. Benny Lévy crée des cercles socratiques pour réfléchir sur le naufrage de leur politique.

Avec Sartre dont il devient le secrétaire personnel, Benny Lévy noue très vite une relation forte, si intense  qu’elle suscite la jalousie de Simone de Beauvoir.

Benny Lévy né au Caire et jusqu’alors apatride, devient français grâce à JP Sartre qui téléphone au président Giscard d’Estaing en faveur de son protégé! Par Sartre surtout, Lévy devient juif. Les 2 hommes lisent les classiques de la philosophie poétique mais aussi les grands textes bibliques.

 

La pensée d’Emanuel Levinas permet à Benny Lévy d’accomplir sa conversion. Il devient peu à peu observant; il dit qu’il n’est pas religieux mais mange  « cacher » pour comprendre la Bible, comme ceux qui l’ont écrite. Avec  Schmuel Trigano, quelques camarades juifs ou non étudient la Kabbale, suivent les cours de Talmud.

En 1984, Lévy décide d’entrer à la Yeshiva de Strasbourg; il  se dit toujours athée. Mais 11 ans plus tard, il franchit le pas ultime en montant en Israël.

   Désormais, il raille les prêtres universitaires, la gauche parisienne et surtout son propre passé maoïste; « j’étais un peu monstrueux, j’étais un juif oublieux de moi-même, mangeant n’importe quoi dans les restaurants ».

   Sur le chemin du retour, emprunté avec la même intransigeance que les sentiers d’autrefois, certains ex de la GP essayaient de suivre tant bien que mal Benny Lévy. Ils font le voyage de Jérusalem pour lui rendre visite. Mais tout en lui conservant leur amitié, d’autres refusent de suivre Benny Lévy.

Six mois avant sa mort, confie Alain Finkielkraut, Benny lui a déclaré: « écoute, Alain, que transmettras-tu à tes enfants? » En conclusion, dira Benny Lévy, en 1968, il s’agissait d’allumer l’étincelle qui aboutirait à la révolution maoïste; 40 ans plus tard, l’étincelle est dans la Torah . Si cette étincelle venait à mourir, le monde n’aurait plus de raison d’être.

 Adrienne Taillet